28 décembre 2009

Encore un Réveillon


Réveillon de Noël familial un peu décalé pour cause d'éloignement. Pour accompagner le menu suivant :

- Foie gras au sel
- Duo de poisson
- Filet de bœuf, sauce Rossini
- Tarte aux poires et pépites de chocolat.
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nous avons ouvert les vins suivants :
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Chablis Grand Cru Grenouille 2000, cave La Chablisienne : une belle robe jaunâtre à peine évoluée. Un nez très minéral, d'abord sur des notes calcaires puis, après aération, plus saline. Une légère amertume sapide qui titille les papilles. En bouche, attaque droite, franche, minérale à souhait, plutôt sur la craie. Puis le vin se développe en bouche, devient presque "tannique", emplit la bouche sans mollesse ni manque de finesse. Finale très saline, charpentée et droite. EXCELLENT.
Château Ducru Beaucaillou 1999, Saint Julien Grand Cru Classé : un vin qui possède une belle charpente, un côté torréfié élégant, des tannins nombreux mais gras, presque lactés, et une longueur phénoménale. Une belle finale fraîche et droite, avec un soupçon d'amertume (poivron mûr) qui tient le vin.  Accord presque magique avec la truffe de la sauce. EXCELLENT.
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Porto Vintage 1958, Ferreira : une robe orangée très évoluée. Au nez, pruneaux confits, oranges amères, fruits rouges et sous-bois. Plus typé "cherry" que Vintage compte tenu de l'âge. En bouche, explosion de fruits rouges, de noix et de pruneaux. Puissance alcoolisée ménagée. Excellent accord avec les poires et le chocolat. EXCELLENT ++
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Bruno

25 décembre 2009

Pernand Vergelesses, Ile des Vergelesses 1993, domaine Rapet père et fils

Autant l'annoncer en préambule, ce vin est une tuerie !
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Servi sur un rôti de biche, purée de céleri et compote de pommes et airelles : Robe claire et peu intense
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Au nez, notes relativement rustiques (dans le bon sens du terme), mélant roses fanées, feuilles mortes et sous-bois. Après aération et tout au long du repas, on décèle une évolution vers des senteurs plus fruitées (cassis) et fumées. La bouche débute de façon discrète, plutôt sur des notes secondaires d'évolution (à l'avenant du nez). Puis, le fruité apparaît, frais, légèrement épicé, avec toujours cette (belle) impression de fumé. Finale qui pinote en conservant ce côté terrien (rustique) que j'affectionne. L'acidité fine du cépage tient magnifiquement le vin et vient titiller nos papilles sur une longueur phénoménale. EXCELLENT PLUS.
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Pour moi, ce climat, lorsqu'il est conduit et vinifié de cette manière, est largement l'égal d'un Grand Cru.
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Bruno

(Petit) réveillon familial

Ce soir, petit réveillon familial.
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Condrieu, Coteau de Vernon 2005, domaine Georges Vernay : Robe jaune dorée assez intense, très brillante. Un nez un peu sur la retenue, d'abord vanillé avec élégance. Après aération, apparition de notes plus capiteuses, finement minérales (presque salines) et traduisant une belle maturité du raisin. En bouche, le vin se caractérise par une stature équilibrée, presque tannique. La salinité (mesurée) s'associe à un gras élégant, jamais mou, qui enrobe magnifiquement les notes florales et fruitées (pêche de vigne, abricot). par sa complexité et son équilibre. Structure, élégance et rondeur soyeuse. Très belle persistance sur une petite pointe d'amertume (salivante) qui ne gâche en rien le gras du vin. EXCELLENT
Très bel accord sur des ris de veau poêlés, sauce à l'orange légèrement citronnée.
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Weingut, Jos Christoffel Jr., Erdener Treppchen, Riesling Auslese ** 1994 : Robe jaunâtre très claire. Au nez, belle fraîcheur, dans un premier temps sur une association citron / citronnelle très vive. A l'aération, apparition de notes pétrolées (légères), de pamplemousse et, plus étonnamment, d'ananas, de fruits exotiques et de mangue, presque miellés. Bouche fine, de demi-corps, très élégante, avec une sucrosité maîtrisée (miel). Finale fraîche et tendue, avec une acidité présente mais pas prégnante, presque saline, et qui tient les papilles en éveil. TRES BIEN
Très beau vin d'apéritif en l'état. L'accord sur une glace aux fruits rouges et cerises confites fonctionne un peu moins bien.
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La suite au prochain épisode.
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Bruno

22 décembre 2009

Un avant-gout de Noël

Ce midi, se tenait dans le restaurant de quartier qui me fait office de cantine, un repas de Noël, puisqu'amélioré par rapport à l'ordinaire.
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Au menu :
* Bloc de foie gras
* Magret de canard à la normande (crème et champignons de Paris).
* Fromages divers
* Bûche pâtissière.
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Pour accompagner ce repas, j'ai amené de ma cave personnelle une bouteille de St Estèphe, château les Ormes de Pez, 1999. Ce vin me tient particulièrement à coeur puisque je lui doit l'une de mes premières véritables émotions vinesques, lorsque j'ai fait la connaissance, en 1981 (tient, le hasard existe-t-il vraiment ?), de celle qui allait devenir, bien plus tard, la "Sainte Femme". J'ai eu la chance de pouvoir gouter des 1961 et 1964, sans doute en ne sachant pas complètement les apprécier à leur juste valeur !
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Les Ormes de Pez 1999 : Robe rouge rubis, d'intensité moyenne, avec de légères traces d'évolution (léger tuilage). Au nez, belle complexité, sur la résine, le cédrat et  des notes torréfiées. A l'aération, une légère touche réglissée, fumée et épicée. Attaque en bouche droite, moyennement tannique, sur les fruits noirs, avec une pointe de poivron mûr. Légèrement fumé.  Savoureux. Belle finale droite, sur des amers agréables et présentant une belle acidité qui tient le vin. Sans doute possède-t-il encore une petite garde. TRES BIEN.
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Une valeur sûre.
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Bruno

6 décembre 2009

75 ans

A l'occasion du 75° anniversaire de mon père, nous avions réservé une table au "Manoir des Saules" (Site internet ICI).
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Ce restaurant, classé un macaron dans le guide pneumatique, a complètement modifié sa carte depuis peu. Au "Menu Dégustation" de ce soir :
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     Consommé de la mer (soupe de poissons et de crustacés)
     Foie gras de canard au torchon, poires confites et pain d'épices
     Salades de homard et de crustacés
     Saint Jacques poêlées, lentilles vertes du Puy
     Plateau de fromages normands et d'ailleurs
     Tarte fine au chocolat et au caramel demi-sel
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Pour accompagner ce repas, nous avons choisi :
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Chevallier-Montrachet Grand Cru 2001, domaine Bouchard Père et fils : robe jaune claire, brillante. Nez clairement sur les noisettes grillées puis, après aération, sur des notes de fraîcheur (verveine menthe). Belle définition aromatique. Bouche relativement complexe, onctueuse, minérale et puissante. Au fur et à mesure du repas, le vin s'ouvre et se complexifie, en prenant de la puissance et de la rondeur, sans aucune lourdeur. Finale sur des notes d'amandes (amères) et de fraîcheur / vivacité mentholée Très persistant et enveloppant. Un vin ultra-équilibré. EXCELLENT.
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Pessac-Léognan, La Chapelle de la Mission Haut-Brion 2003 : robe rouge rubis finalement assez peu intense. Un nez très frais et gouleyant, sur des notes de fruits rouges (cerise). Bouche de demi-corps, droite, très fruitée et légèrement épicée. Un vin assez simple, souple et très agréable. BIEN +
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Une adresse que je recommande pour une belle soirée (qui peut se prolonger puisque l'établissement dispose de belles chambres rustiques.
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Bruno

5 décembre 2009

Quelques Condrieu 2007

Ce samedi, dégustation des vins du domaine Georges Vernay aux Caves de Marly.
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Sous la houlette de Paul Amsellem, nous avons dégusté les Condrieu 2007 du domaine.
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Les Terrasses de l'Empire 2007 : un nez très frais et très vif, sur de belles notes d'agrumes citronnées. En bouche, le vin dégage une impression de fraîcheur et de vivacité. Très gouleyant. TRES BON
Les Chaillets de l'Enfer 2007 : au nez, le vin apparaît déjà plus réservé et corpulent. Notes de pêche blanche et d'abricot. Bouche bien structurée, avec un beau volume et du gras élégant. Finale sur des amers agréables. TRES BON (sans doute une garde plus longue à prévoir).
Coteau de Vernon 2007 : au nez, un sentiment de puissance maîtrisée, sur l'abricot presque confit. En bouche, structure, élégance, salinité et minéralité transparaissent, sur une assise fruitée et florale (abricot, pêche, violette). Finale savoureuse (salivante), associant un beau gras, une belle fraîcheur et des amers vivifiants. La force tranquille ! EXCELLENT

Un grand merci à Paul pour ses explications.

Bruno



4 décembre 2009

Le Grand Tasting

Ce week-end, le Grand Tasting, organisé par Michel Bettane et Thierry Desseauve, se tenait au Carrousel du Louvre.
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Dans cet endroit marqué par l'histoire de Paris, des "meilleurs" vignerons sélectionnés par ce guide étaient réunis sur invitation.
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La Chablisienne : une belle gamme cohérente.
Un Petit Chablis 2008 très frais, vif, légèrement citronné. Un vin de soif. Le Chablis Vieilles Vignes 2007 se caractérise par un nez plus vineux et une bouche gourmande avec une belle tension minérale en finale. Le Premier Cru Fourchaume L'Homme Mort 2007 montre une matière plus dense, tout en conservant une tension minérale vive. Le Premier Cru Vaulorent 2006 est caractérisé par un gras plus développé. Enfin, un Grand Cru château Grenouille 2006 très structuré, avec une approche noisette citronnée au nez, puis une bouche opulente, large, complexe, et tendue par une belle acidité de structure. Un très grand vin.
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Domaine aux Moines : minéralité et longue garde.
Savennières Roche aux Moines 2006 avec un nez de miel, une opulence grasse qui reste tendue. Finale légèrement acide avec une pointe de fenouil. Savennières Roche aux Moines 2004 avec un nez plus minéral, sur l'alcool à brûler (léger). Bouche semi-oxydative et tendue. Belle salinité en finale. Longue garde à prévoir. Savennières Roche aux Moines 2008 : nez explosif sur les fruits (agrumes confits). Un vin gras mais sec, qui possède une belle tension. Là encore, une longue garde est à prévoir.
Un moelleux (cuvée des Nonnes 2007) avec un beau nez liquoreux, frais aux notes mentholées et une pointe d'ananas. Bouche fraîche, ronde et légèrement vanillée. Sucrosité légère et belle finale tendue.
Enfin, un liquoreux (cuvée des Abbesses 2007) avec un nez typiquement botrytisé et une bouche sur un équilibre similaire au précédent, malgré une charge de sucres plus élevée.
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Domaine de St Just : des vins pour tous les goûts et toutes les bourses.
Un Saumur blanc Perrières 2008 très croquant et de demi-corps. Un Saumur blanc Coulée de St Cyr 2008 plus élégant, plus vineux et plus corsé. Un Saumur Champigny Terres Rouges 2008 croquant, fruité et gouleyant (une petite pointe de sécheresse en finale). Un Saumur Champigny Montée des Roches 2008 plus mûr, plus corpulent et avec une astringence agréable qui ne demande qu'à se fondre. Enfin, un Saumur Champigny Clos Moleton 2007 plus réservé, et dont la garde prévisible est plus longue.
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Château Latour Martillac : élégance, cohérence et hédonisme (et convivialité de l'accueil).
Commençons par un Latour Martillac blanc 2007 très sauvignon (fleurs blanches), avec un soupçon d'ananas et de pamplemousse. Rondeur et fraîcheur en bouche. En rouge, le Graves du château Langlet 2006 est nettement sur les fuits rouges (cerise). Vin de soif et de copains. Le second vin du château, Lagrave 2006 est plus dense mais également plus astringent. Parmi les Pessac Léognan, le château Latour Martillac 2007 possède un boisé élégant qui ne masque pas le fruit mais le met avantageusement en scène. Enfin, le château Latour Martillac 2000 montre une nez complexe, mélant boisé élégant et résiné. La bouche est tenue par une acidité encore présente, alors que les tannins commencent à se fondre. Prévoir encore quelques années avant que le vin livre tout son potentiel.
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Mini-verticale irrégulière du château Sociando-Mallet.
Un Haut-Médoc 2006 rugueux et un peu sec en finale. Un Haut-Médoc 2002 plus civilisé, déjà soyeux en bouche et presque prêt à boire aujourd'hui. Enfin, un très beau Haut-Médoc 2001 : nez évolué sur le cuir (presque animal), une bouche possèdant des tannins soyeux et ronds, presque lactés. Belle persistance en finale.
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Au château Prieuré-Lichine : un seul vin présenté mais quel plaisir ! Un Margaux 2006 magnifique, équilibré, élégant, tanniques mais avec le soyeux et la grâce des meilleurs terroirs de cette appellation. A encaver.
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Langoa et Léoville : les deux frères de St Julien.
Un château Langoa Barton 1997 déjà bien évolué, sur des notes réglissés et de fruits noirs. De demi-corps, mais agréable et prêt à boire. Un château Langoa Barton 2001 plus vineux, sur une belle structure tannique. Un millésime largement sous-côté . A attendre impérativement.
Dans la famille Barton, je demande le grand frère château Léoville 1999 : un vin sérieux, séveux et un peu astringent. A attendre ou à carafer ? Le château Léoville Barton 2001 montre un plus grand potentiel, un plus bel équilibre et de beaux tannins à laisser tranquilement s'arrondir. Sera l'égal des plus grands dans un millésime de plus en plus proche du mythique (spéculatif ?) 2000. Enfin, un château Léoville Barton 2004 plus immédiat, de demi-corps et sans doute de garde plus courte.
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Petit passage au stand de l'Italie avec une dégustation chez Sottimano. Un Barbera d'Alba 2007 qui montre du fruit, une belle opulence et de la mâche, un peu à l'instar de quelque appellation bourguignonne. Un Barbaresco 2006 plus minéral, plus tendu et plus rond, avec peut-être une pointe de sucrosité un peu génante.
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Pour finir, une "horizonto-verticale" de feu de Porto chez Croft (pas Lara), Fonseca et Taylor's.
Commençons par un Porto rosé "Croft Pink" : du fruit très croquant et un léger rancio en bouche. Très désaltérant. Puis un Porto "bio" Terra Prima Fonseca (LBV) : très typé Porto anglais (Cherry). Le LBV Croft 2003 est plus sur un équilibre cerise / kirch. Le LBV Taylor's 2003 montre clairement une charge fruitée plus dense et une belle opulence en bouche. Le Tawny Fonseca 10 ans s'apparente au LBV de la maison, sur des notes de cherry et de pruneaux. Le Tawny Taylor's 20 ans est beaucoup plus élégant que le précédent, et plus (mieux) évolué en bouche, avec une persistance élégante. Pour finir, belle comparaison entre deux Vintage 2007 : Fonseca et Taylor's : belle complexité, élégance, charpente et fruité, avec une pointe de rancio "solara" noble. J'ai toujours trouvé un supplément de profondeur, de finesse et de définition dans le Taylor's.
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Excellente après-midi dans l'attente des Condrieu de Christine Vernay demain matin aux Caves de Marly.
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Le marathon gastrononique de décembre commence bien.
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Bruno

29 novembre 2009

L'empire contre-attaque

ou le second épisode du Salon des Vignerons Indépendants ...
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Vendredi soir, en pleine dégustation, coup de fil impromptu d'un ami. Et je m'entends une réponse un peu sèche. La nuit (et la douche du matin) portant conseil, appel très matinal pour m'excuser de ma conduite un peu cavalière. Cinq minutes de discussion et me voilà prêt pour une seconde séance (de rattrapage) au SVI en bonne compagnie.
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Fidèle à mon inorganisation du WE, pas de bloc, donc pas de notes. Je vais essayer de retranscrire de mémoire quelques impressions prises sur le vif.
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Les bulles.
Chez Agrapart, les champagnes sont caractérisés par un dosage minimaliste et une très très forte minéralité (qui tutoye parfois une acidité de structure très présente). Pas mon style mais je comprends que certains puissent aimer cette force obscure.
Chez Pierre Montcuit, je suis à la recherche de Maître Yoda. Un champagne dégusté au Restaurant (ICI). Seul souvenir, une étiquette argentée, maigre indice dans la galaxie des champagnes. Nous commençons par un "Hugues de Coulmet Brut" passe-partout. Puis un "Pierre Montcuit Delos" assez vif, frais et sur des notes briochées très légères. Je retrouve là mon graal perdu. Pour finir, un "Grand Cru millésimé 2002" très murs, élégant, complexe et minéral en final, sans aspérité. Une très belle gamme.
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Les vins tranquiles.
Retour au Domaine aux Moines où nous poursuivons la verticale commencée la veille. Un 1992 très miellé, sur la cire, avec une belle acidité / minéralité. Un 1999 plus sur des notes de fraîcheur mentholée, toujours cette minéralité  sous-jacente. Un 2004 déjà bien constitué, encore sur des notes florales et fruitées. Une gamme cohérente, avec des vins qui, malgré les spécificités de chaque millésime, montre une belle série évolutive.
Chez Jo Landron, un Gros Plant 2008 très croquant, peut-être un peu court. Une belle série de Muscadets (domaine de la Louvetrie) qui va crescendo, jusqu'à un Haute-Tradition 2007 associant très avantageusement la vivacité du cépage et une belle structure qui en fait un vin de gastronomie et de semi-garde (Le Fief du Breil 2008 m'a paru, malgré sa densité, assez peu causant).
Chez Marc Deschamps, autant j'ai trouvé son Pouilly Sur Loire 2008 (cépage Chasselas) un peu décharné, autant le 2007 gouté le soir même m'a procuré un plaisir croquant, frais et gourmand. Une série de Pouilly-Fumé couronnée par un "Vieilles Vignes" d'une belle facture citronnée.
Chez Dupasquier, un Jacquère 2008 sur la fraîcheur, la gourmandise et une pointe de salinité très agréable, un Altesse 2007 plus sur les agrumes et avec une structure plus dense, un Marestel 2006 de toute beauté malgré sa jeunesse, alliant fraicheur d'agrumes, notes de boisée légères et salinité agréable (très légère perceptionn de sucres résiduels). Par contre, je suis passé complètement à côté du Chardonnay !
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Les douceurs.
A la Tour Blanche, le Sauternes 2007 est parti pour quelques années, avec de belles notes de Botrytis, une pointe d'amertume et une ampleur exceptionnelle. Le Sauternes 2002 est déjà un peu plus évolué, avec une puissance maîtrisée et une élégance superlative. Excellent (les secs du domaine ne m'ont par contre par impressionné, par leur acidité trop marquée et leur caractère trop linéaire).
Au domaine Cady, si le Layon "de base" 2008 m'a paru un peu simple et monolithique, j'ai beaucoup apprécié le côté liquoreux sans lourdeur et avec une belle fraîcheur en bouche du Coteaux du Layon St Aubin  "Les Varennes 2008". Le Chaume 2008 est plus marqué par une acidité qui vient au détriment de la sucrosité. Les SGN sont de belle facture, même si on peut percevoir ça et là une très légère lourdeur (par rapport aux SGN de Philippe Delesvaux par exemple).
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J'ai pleinement conscience du caractère partiel de mes impressions, compte tenu du fait que je n'ai pas pris de notes pendant toute cette journée. Indulgence est demandée au lecteur. Merci.
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Bruno

27 novembre 2009

Mon Salon des Vignerons Indépendants

Visite éclair cet après-midi au Salon des Vignerons Indépendants pour refaire le stock de quelques appellations françaises trop méconnues.
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Domaine aux Moines à Savennières (49) :
Un Savennières sec 2008 de folie. Le nez "pète" les agrumes (orange / mandarine), avec une très légère impression moelleuse. En bouche, le vin est extrêmement complexe et déjà bien en place : attaque demi-ronde sans molesse. Belle acidité qui structure et tient le vin. Finale conforme au nez, très agréable, fraîche, minérale avec une belle rémanence fruitée. EXCELLENT (aujourd'hui et avec un très beau potentiel de garde)
Savennières, cuvée Les Nonnes 2007 (moelleux) : un nez qui me rappelle certains Aubance (ananas confit). En bouche, vin de demi-corps, de sucrosité légère et très fruité (toujours sur l'ananas). Belle astringence noble qui rend le vin "pêchu". Pas forcément une bête de concours mais certainement un vin de gastronomie (nous avons évoqué un filet mignon au miel et/ou à la crème par exemple). Miam Miam pour son côté "social à table"
Savennières, cuvée Les Abbesses 2007 (liquoreux) : un nez plus rôti que le précédent, plus "terrien", un vrai chenin liquoreux. En bouche, une très belle liqueur, glycérinée, sucrée à souhait, mais toujours avec cette minéralité schisteuse qui tient le vin et l'empêche d'être "mou". EXCELLENT (en dégustation pure - Sans doute un peu plus compliquée à marier à table)
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Domaine du Joncier à Lirac (30) :
Lirac Le Gourmand 2008 : un vin simple, gouleyant, fruité (fruits rouges) et floral (violette). Un légère pointe de sécheresse en finale. BIEN
Lirac Le Classique 2007 : nez déjà plus vineux, marqué par une touche d'épices. En bouche, équilibre entre fruits et tannins, sur un registre corpulent et épicé. BIEN+++
Lirac Les Muses 2007 : un nez plus "méridional" (pruneaux, olives, épices) qui sait rester frais. Bouche très veloutée malgré une charge tannique imposante. Belle finale tendue. TRES BIEN
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Château de Bois Brinçon à Blaison Gohier (49) :
Cabernet d'Anjou 2008 (Rosé demi-sec) : Ca pête le fruit, aussi bien au nez qu'en bouche. Structure légère et fraîche. Un vrai vin d'été
Coteaux de l'Aubance 2008 : Un nez très expressif, sur l'ananas sucré. En bouche, la sucrosité est peu marquée et sans doute masquée par une belle acidité de structure. Beaux amers. TRES BIEN
Coteaux du Layon 2007 : Plus de sucrosité en bouche mais moins de complexité. Un vin relativement simple (et monolithique).
Coteaux du Layon Faye 2006 : un nez plus exotique (mangue, pamplemousse, fruits blancs). Une bouche équilibrée, entre sucres, acidité, moelleux et rôti (léger). Fraicheur en finale. BIEN+++
Coteaux du Layon, SGN 2003 : On retrouve globalement une structure proche du vin précédent, avec toutefois un supplément de profondeur, de liqueur, de rôti noble (abricot). Très belle finale, longue, fraîche, presque mentholée, sans lourdeur et possédant une belle tension. EXCELLENT
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Bruno

15 novembre 2009

Le long de la vallée de la Loire

Un double cadeau offert pour nos 25 ans de mariage fût l'occasion d'une petite visite dans la vallée de la Loire, entre la partie extrème-occidentale de l'Indre et Loire et les confins du Perche.
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Première halte extrêmement sympathique en chambre (et table) d'hôtes à l'Hostellerie de Savigné sur Lathan (Site Internet ICI), village fortifié par la famille Du Bellay au XVI° siècle. Cuisine familiale extrêmement goutue, axée sur les terroirs régionaux : rillettes tourangelles, Sainte Maure (fromage de chèvre), Sauvignon de Touraine et Bourgueil. Au menu de ce dîner pris en commun dans la grande salle à manger : salade de rillons poellés, sandre au beurre d'oseille et son flan de pommes de terre, courgettes et potimarrons, et tarte à la poire.
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Le samedi, quelques étapes marquantes de notre voyage entrepris par le chemin des écoliers, entre Langeais et La Ville aux Clercs :
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En pleine forêt de Chinon, près de St Benoit la forêt, les restes de l'abbaye bénédictine Notre Dame de Turpenay, fondée en 1127 par Foulques le Jeune, comte d'Anjou. Subsistent aujourd'hui le Logis Abbatial et l'hôtellerie du XV° siècle, ainsi qu'un ensemble de portes du XVII° siècle.
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C'est à l'époque carolingienne, que le clan germanique des Poppo s'établit sur le piton rocheux du "Mons Poppo" (devenu ensuite par déformation Montpoupon). Au Moyen-Age, la place hautement stratégique, entre Loches (aux mains du terrible Foulques de Nerra) et Montrichard (qui appartenait à son ennemi juré, Eudes, comte de Blois), fût le théâtre de sanglants affrontements. Laissé à l'abandon après la guerre de Cent Ans, le château fut reconstruit à partir de 1460 par les seigneurs de Prie et de Buzançais qui le transformèrent en une demeure de style Renaissance. A partir du milieu du XVII° siècle, les bâtiments se délabrèrent et furent restaurés à partir de 1763 par le Marquis de Tristan. A la Révolution, seule la chapelle fut détruite. En 1840, Mr de Farville, son nouveau propriétaire, fit construire les communs tels qu'ils existent encore aujourd'hui. Enfin en 1857 Jean-Baptiste de la Motte Saint Pierre, arrière grand père de l'actuelle propriétaire, acheta le château. La famille fit des travaux extérieurs (fin XIX° siècle) et intérieur (1920) afin de redonner à Montpoupon l'aspect Renaissance qu'il présente aujourd'hui.
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L'Abbaye d'Aiguevive, à 5 km au S-E de Montrichard, a été fondée en 1147 par Garlet, Gouverneur de Montrichard. De nombreuses donations en firent une Abbaye très riche. A la Révolution elle fut vendue comme Bien National, ce qui explique son état actuel.
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Le site archéologique des "Maselles" à Thésée-la-romaine regroupe les vestiges de l'antique cité gallo-romaine de Tascacia. À la fois traversée par le Cher et située sur une voie terrestre reliant Tours à Bourges, la position privilégiée de ce bourg lui permit de prospérer, en facilitant le commerce de céramiques dont il était un grand producteur du I° au III° siècle de notre ère (l'indice le plus manifeste de son importance est que le site figure sur la plus ancienne carte actuellement connue du monde romain, sur la voie Tours -Bourges). Les bâtiments du II° siècle (7,40 m en élévation), construits dans un calcaire local, sont dans un état de conservation remarquable. Liés à une activité économique florissante, ils ont pu servir de relais, d'entrepôt, de bourse du commerce, voire même de tribunal administratif et commercial.
Thésée est également connu pour de très bons producteurs de Sauvignons de Touraine (ICI).
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On ne présente plus Chambord ... mais je ne résiste pas à vous proposer le texte de présentation que l'on trouve sur le site officiel du château (ICI) :
Pour comprendre Chambord il faut se laisser gagner par l’exaltation et la démesure de François Ier, tout juste âgé de 25 ans, qui veut donner au monde le témoignage spectaculaire de ses deux passions : la chasse et l’architecture. Pour en prendre toute la mesure vous devez vous abandonner progressivement à la découverte d’un lieu unique construit au début de la Renaissance. Tout d’abord franchir un mur de 32 kilomètres de long, pénétrer dans une forêt dense et giboyeuse, et découvrir en son cœur un joyau architectural intact. Ensuite il faut se laisser écraser par son gigantisme, en dehors de toute échelle humaine, et vous faire surprendre par cette alchimie des formes et des structures où rien n’est laissé au hasard. Chambord est bien plus qu’un château : c’est une architecture d’exception, une prouesse technique, un colosse de pierres… tout simplement le rêve du jeune roi François.
La suite ICI
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Quelques photos de Chambord pour la route ...
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Le château depuis l'extérieur de l'enceinte
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La tourelle qui surplombe ...
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le grand escalier central (à double révolution)
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Le même, vu de l'intérieur
(on comprend bien ici l'expression "puit de lumière")
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L'esacalier de l'aile royale
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Sur la route de notre seconde halte, un détour par les bords de Loire, où l'on pût admirer tour à tour
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les animaux dans leur mileu naturel
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une lumière bleutée vers l'orient
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un contre-jour vers l'occident
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Le Manoir de la Forêt se situe sur la commune de la Ville aux Clercs (site Internet ICI). Ancien relais de chasse du XIX° siècle, il nous offre une halte paisible et gourmande au coeur de la forêt vendômoise. Adhérent de la chaîne "Châteaux et Hôtels", il propose des repas gastronomiques traditionnels dans une ambiance (chambres et salle de restaurant cosi).
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Le vin de la soirée : Châteauneuf du Pape, château la Gardine 2003 : nez qui dégage une impression d'opulence, sur des notes d'olives noires et de garrigue. En bouche, un bel équilibre entre la charpente, les tannins et une belle acidité. Olives noires (encore), minéralité fumée (type pierre à fusil) et tannins élégants quoiqu'imposants. Le côté compoté du millésime est à peine perceptible. Le vin termine sur une note moelleuse très agréable. Bel persistance et bel accord avec le gibier (rôti de chevreuil, pomme purée et sa sauce aux baies). TRES BIEN.
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Après une nuit salvatrice bien méritée, retour ensuite sur Paris.
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Un grand merci à nos généreux donateurs qui nous ont offert un (bon) pretexte à de belles découvertes.
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Bruno

6 novembre 2009

Champagne !

Hier soir, pour célébrer la réception du fameux "papier rose", signe désormais officiel que Mademoiselle peut conduire en toute légalité, nous avons ouvert :
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Champagne Henriot, cuvée souveraine : un BSA sur la finesse. Robe jaunâtre très brillante, sans évolution. Premier nez assez perlant qui, après aération laisse entrevoir une belle finesse minérale, frais, crayeux, légèrement vanillé, avec quelques touches agrumineuses. En bouche, attaque franche et légèrement acide, mais sans être dérangeante. Une structure en demi-corps, très minérale mais sans agressivité ni sécheresse. Franchise et équilibre. Belle finale sur des notes de noisettes. BIEN++
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Bruno

1 novembre 2009

Un week-end ordinaire

Repos des sens ce week-end, avec au programme, farniente et cocooning. Pour ne pas perdre l'entraînement, deux vins au programme.
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Chassagne-Montrachet, Premier Cru Clos de la Maltroye, 2004, château de la Maltroye (servi sur un bar roti, huiles et cumbavas, à la manière d'Olivier Roellinger) : une robe encore jeune, dorée avec de beaux reflets verdâtres. Un nez élégant et grillé, révélant tour à tour des notes vanillées, des fragrances de noisettes grillées et un côté minéral / salin assez marqué. En bouche, le vin se révèle par une charpente bien marquée, une minéralité profonde alliée à une floralité légère (plus typé Puligny que Chassagne sur l'attaque en bouche). Complexité et équilibre. Belle persistance assez intense, florale presque grasse, sur des amers très agréables et presque salins (à l'instar des Saint Aubin de Marc Colin), titillant les papilles. Acidité maîtrisée qui tient / soutient / maintient le vin. Très gourmand. TRES BIEN (sera sans doute meilleur d'ici 2 à 3 ans).
Graves, Château Villa Bel Air 2004 : une robe relativement dense, sombre et sans trâces d'évolution. Au nez, impression de raideur et de verdeur (?), sur le poivron. En bouche, un vin pas très complexe, moyennement corpulent. Arômes poivronnés relativement verts puis, après aération, des notes torréfiées enveloppantes. Finale fraîche, légèrement raide et assez longue. Un vin sans doute marqué par le millésime (j'ai pourtant souvenir d'un 1997 - année exceptionnelle pour les bordelais - mais quelle année n'est pas exceptionnelle en Bordeaux ? - relativement bien fait, mûr, sans verdeur, d'une garde certes courte à moyenne, mais procurant bien du plaisir après 6 / 7 ans). BIEN (sans doute à revoir dans un an ou deux).
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Bruno

26 octobre 2009

Quand un être cher nous quitte ...

... toute parole est dérisoire, tout discours est inutile, seuls le silence, le recueillement et le souvenir des jours heureux comptent.
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En guise de dernier hommage, silencieux, et parce qu'il aimait aussi le bon vin, et qu'il aurait certainement apprécié cette soirée familiale, nous l'avons accompagné, par l'esprit, avec quelques bouteilles :
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Sauvignon de St Bris 2000, domaine Sorin Defrance : un vin plutôt bâti sur une sucrosité et une rondeur molle. Assez peu expressif . Est-ce une sur-maturité, la présence de sucres résiduels, un élevage trop insistant, un manque de tri ? Sans intérêt.
Corton 2001, domaine Rapet Père et fils : un nez de fruits mûrs et une pointe de pruneau et de réglisse. En bouche, bel équilibre entre les tannins, déjà fondus mais encore présents, le grain (minéralité / salinité), la charpente et l'acidité. Un côté terrien toujours présent mais élégant. Belle persistance réglissée. TRES BIEN
Coteaux du Layon Faye d'Anjou, La Magdelaine Cuvée Prestige 2005, domaine des Quarres : Quel nez sur le rôti élégant, les abricots, le coing et une belle fraicheur / minéralité. En bouche, belle liqueur fraîche et élégante, sans sucrosité envahissante. Ronde mais vive et tendue. L'acidité bien fondue tient le vin. Très persistant, sur l'aérien et la fraîcheur. EXCELLENT
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Adieu parrain.
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Bruno

21 octobre 2009

L'anniversaire de Gautier

Ce soir, pour l'anniversaire de notre "petit" Gautier, nos amis Gwenola et François ont concocté un petit menu à la bonne franquette, dans le but de passer une belle soirée et de partager quelques belles bouteilles.
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Le récipiendaire du soir

Au menu, en hommage au Hambourg-America Linie : un Hamburger au foie gras poêllé et magret grillé.
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Nous avons dégusté (et bu pour certains) les vins suivants :
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Condrieu, DePoncins 2007, François Villard : Nez frais, sur des notes vanillées malgré une légère retenue. Bouche opulente et grasse, abricotée et sur la pêche des vignes. Acidité faible mais sans molesse. Très belle finale saline, enveloppante et persistante. Une valeur sûre. TRES BIEN
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Puligny-Montrachet Premier Cru Combettes 2000, domaine Jacques Prieur : Nez assez tendu, frais et relativement floral. Bouche élégante, sur un équilibre floral et montrant des notes anisées (type céleri) non sucrées. Finale fraîche, légèrement saline, avec toutefois une pointe oxydative. BIEN+
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Clos des Lambrays Grand Cru 2003 : Nez fruité (fruits rouges et noirs), très mûr, révélant un côté boisé lié à l'élevage. Bouche très gourmande, encore sur le fruit, à peine marquée par le millésime. Légèrement réglissé. Belle structure d'ensemble, encore un peu boisée. Finale très élégante et classieuse. BIEN+++

Vollenay Premier Cru 2002, domaine du Marquis d'Angerville : Nez plus terrien que le précédent, ne sacrifiant toutefois pas au fruité. En bouche, très complexe : de la mâche, de l'élégance, de la minéralité terrienne et une belle structure. Finale très élégante, soyeuse et veloutée. TRES BIEN
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Aalto 2005, Ribera duel Duero : Changement complet de registre avec un nez explosif d'aromaticité et d'une élégance tendue (malgré encore une pointe d'élevage). En bouche, fruits noirs élégants, belle acidité qui tient le vin, tannins nombreux, encore sans doute un peu anguleux, mais n'étant déjà plus agressifs. Malgré ses 14,5°, aucune sensation alcooleuse et toujours une fraîcheur vivifiante en bouche. Belle minéralité et de la classe. LE VIN DE LA SOIREE : EXCELLENT
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Alsace Riesling Grand Cru Eichberg 2001, Paul Ginglinger : un nez magnifique, sur la cire / l'encaustique, le pétrole, les agrumes confits et une sensation de fraîcheur / tension encore présente. La bouche apparaît cependant nettement en retrait, ronde avec une certaine molesse. Courte et raide en même temps. Malgré un vin qui s'ouvre avec l'aération, j'ai été relativement déçu. BIEN
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Krug Grande Cuvée : Autant le dire de suite, je suis passé complètement à côté de ce vin, sans doute à cause d'un nez très marqué par l'ocydatif (pommes / pêche de vigne). Bouche à l'avenant, aigrelette malgré un perlant élégant. BIEN
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Un grand merci à nos hôtes d'un soir, un peu fatigués en fin de soirée ... et un très bon anniversaire à Gautier.
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Enfin, je ne résiste pas à la tentation de vous livrer la citation de la soirée, de Zabeth à propos de Pampo (notre Papy - tiens, "Pampo le Papy" ferait un beau titre de dessin animé pour les enfants !!!) :
je n'avais jamais remarqué que mon homme avait un gros trou

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Bruno

19 octobre 2009

Miscellanées of Burgundy

En marge des quelques dégustations et repas d'exception de ce dernier week-end, des miscellanées pêchées au hasard de mes périgrinations sur les chemins de traverse.
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La Combe d’Orveau
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Au-dessus du Clos Vougeot, les Musigny
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Dans la Combe de Lavaux
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Le village de Vosne, depuis la Romanée
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Camaïeu d’émeraudes sur la Conti
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Point de vue de la vierge vers Pernand-Vergelesses
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Le val d’Auxey depuis la Combe Danay
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Sur les hauts de Blagny, soleil naissant vers Puligny
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Vignes et pierres de Chassagne, du versant Mont Rachet (Roche Dumay)
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Les Champlots de Gamay
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Dans les Chevaliers
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Volnay vu des Santenots
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Le canal de Bourgogne dans les environs de Pont d’Ouche
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Bruno

17 octobre 2009

Tasting des Nuits Saint Georges 2007 au domaine Georges et Pascale Chicotot

Visite annuelle toujours aussi attendue chez "la femme à Jojo" comme diraient certains de mes condisciples, toujours prêts à la plaisanterie ... mais néanmoins amateurs de bonnes choses.
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Nouveauté par rapport à l'an dernier, le parking a été agrandi, ce qui n'est pas un luxe compte-tenu de la fréquentation élevée des lieux en ce samedi après-midi.
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Comme d'habitude, c'est Pascale Chicotot qui mène la dégustation, qui s'avèrera toujours très conviviale et instructive (je n'ai pas pris de notes pendant les discussions, d'où une certaine imprécision de mes ressentis).
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Bourgogne rouge, cuvée du Dragon 2007 : un rouge sur le fruit, avec une structure de demi-corps, une légère pointe d'astringence en finale mais un vin typiquement "de soif" et de copains. BIEN+
Nuits Saint Georges les Charmottes 2007 : un nez plus vineux. Une bouche plus stricte, plus sérieuse, construite autour de tannins déjà bien arrondis. BIEN++
Nuits Saint Georges la Plante au Baron 2007 : une bonne synthèse entre les deux précédents, un côté immédiat et croquant avec le fruit et un côté plus vineux avec une structure tannique présente mais pas envahissante. BIEN++
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Passons maintenant aux premiers crus.
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Nuits Saint Georges Premier Cru En la rue de Chaux 2007 : contrairement à l'habitude, ce vin n'apparaît pas épicé, mais plutôt déjà bien polissé. Equilibre entre acidité, minéralité / mâche et tannins. BIEN+++
Nuits Saint Georges Premier Cru les Pruliers 2007 : c'est la première fois que je taste ce climat et là, une grande claque. Ce vin est une bombe en devenir. Du fruit mûr et croquant, rouge et noir, des tannins jeunes, une acidité (un grain) en bouche qui vient structurer l'ensemble. Magnifique longueur. EXCELLENT
Nuits Saint Georges Premier Cru les Saint Georges 2007 : un nez relativement fermé, mais qui s'exprime sur des notes boisées et/ou réduites. Belle bouche structurée, sans défaut. Astringence noble en finale. Un vin sans doute moins immédiat aujourd'hui que les Pruliers, mais qui ira très loin. TRES BIEN +++ / EXCELLENT
Nuits Saint Georges Premier Cru les Vaucrains 2007 : un vin d'une immédiateté évidente. Tout est déjà (presque) en place. EXCELLENT (sans doute d'une garde un peu plus courte que les deux précédents).
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Nous finissons la dégustation par un Nuits Saint Georges 1977 (oups, je n'ai pas noté s'il s'agissait d'un premier cru ou d'un assemblage) : robe évoluée, tirant sur le rouge orangé très évanescent. Au nez, pruneaux (léger), rose fanée et sous-bois. Bouche complètement fondue, très soyeuse, sans aspérité. Finale qui n'en finit pas, laissant une impression de soie sur la langue. EXCELLENT
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Un grand merci à Pascale Chicotot pour son accueil, la convivialité de la dégustation et les quelques attentions qui font que nous avons l'impression d'avoir tissé, depuis quelques années, un peu plus qu'une simple relation commerciale.
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La Bourgogne accueillante, comme on aimerait la rencontrer toujours ...
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Bruno

16 octobre 2009

Restaurant "Le Chassagne" à Chassagne-Montrachet (21)

Comme tous les ans depuis maintenant quelques années, nous profitons de notre week-end prolongé en Bourgogne, non seulement pour faire le plein de ce breuvage divin que quelques esprits chagrins et frigides voudraient prohiber, pour tester une table étoilée.
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Cette année, honneur à un fraîchement reconnu par le fameux guide rouge, le restaurant "Le Chassagne" situé à Chassagne-Montrachet. Réservation du taxi pour aller et surtout pour le retour obligatoire et c'est, l'esprit libre, que nous entrons dans cette maison de Chassagne.
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Tout d'abord, un décor minimaliste, tout en pastels de gris et de beige, sans aucune agressivité. Le cadre, puis l'accueil, sont engageants.
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De concert, nous avons choisi de dîner à la carte, avec un concept assez original, l'atelier des saveurs. Nous prenons donc l'Atelier de 9 saveurs.
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Crème brulée / vin doux 2009 / coing - foie gras - potimarron

 Lisette / céleris rémoulade - sablé Breton / shiso  (à gauche) et
Noix de Saint-Jacques / panais - sel fumé / vinaigre citron (à droite)

Escargots - Réglisse / Langoustine - badiane

Bar de ligne / amandine - kumquats / coquillages - kumbawa

Canard Col Vert en deux cuisssons / courge - Réglisse - citron

Autour de l'Epoisses Perrière de la maison Berthaut

Savarin au Navan / vanille bourbon

Grand Robusto / biscuit mi-cuit doublement coulant.
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Pour accompagner ce repas divin, où l'originalité n'a d'égal que les associations improbables des senteurs et des saveurs, nous avons choisi :
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Puligny-Montrachet Premier Cru les Pucelles 1998, domaine Leflaive : Robe jaun dorée, sans trâces excessives d'évolution. Un premier nez légèrement oxydé (et ce caractère persistera toute la soirée, même après une aération longue), qui ne masque pas le côté minéral, terrien et cistercien du vin. Une légère pointe miellée complète le tout. En bouche, l'attaque est d'abord discrête, à l'instar d'un Montrachet dégusté ICI. Ensuite, la puissance et la compléxité se développent, sans jamais sacrifier à la fraîcheur. J'y ai retrouvé une touche de noisettes, un soupçon de menthol et de fougères, le miel et la réglisse, qui viennent compléxifier la trame minérale. Finale ultra longue. EXCELLENT (et sans doute à maturité aujourd'hui).
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Vosne Romanée 2005, domaine Robert Arnoux : changement de registre avec un vin assez tannique mais élégant, qui montre aujourd'hui un joli soyeux enveloppant une corbeille de fruits très mûrs et des tannins civilisés. Un vin relativement simple, mais bien fait et qui s'est marié parfaitement avec le canard. BIEN++
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Nouvellement étoilé, et tenu de main de maître par un Stéphane Léger qui vient nous rendre visite à la fin du repas, ce restaurant figure déjà dans mon panthéon personnel, non sans rappeler les deux grands maîtres de la cuisine que sont Michel Bras et Olivier Roellinger. J'y ai retrouvé ici quelques touches / inspirations qui me laisse penser que la deuxième étoile n'est certainement pas loin, ce qui viendrait justement récompenser la justesse de la cuisine (au niveau des cuissons), les accords improbables mais ô combien délicieux, et la présentation plus que parfaite des plats (sans oublier l'accueil, le service et le concept de cette table).
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Un petit café avant de partir
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Une excellente soirée, dont je me rappellerai longtemps.
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Bruno